[Journal de Zaurak] Dossier Kyomura

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Zaurak
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[Journal de Zaurak] Dossier Kyomura

Message non lu par Zaurak » 25 janv. 2019, 21:07

Journal de Zaurak Icewind
Vingt-quatrième soleil de la troisième lune ombrale


Aujourd’hui j’ai posé le pied sur les terres d’orient pour la première fois. Cependant, les circonstances ne m’ont pas laissé le temps de visiter ces contrées, juste apercevoir un style architectural et une végétation radicalement différents de ce qu’on rencontre chez nous.
J’ai été contacté sur la perle d’Opale pour accompagner une expédition d’urgence. La famille de Kyuuji venait de faire l’objet d’une tentative d’assassinat et il était lui-même blessé. Gaelle demandait du renfort. Arei m’emmena sur un grand oiseau visiblement habitué à ce genre de voyage longue distance.

Sur place, nous avons été rassurés rapidement sur l’état de santé des victimes. Kyuuji et son père étaient en vie et leurs jours n’étaient pas en danger, même si Kyuuji n’avait pas encore repris connaissance. Je songeai que pour surprendre et blesser ainsi un individu aussi puissant que lui, il fallait bien connaître les lieux et la famille. Et puis qui pouvait en vouloir à un être aussi profondément bon et généreux ?
Nous avons rejoint Gaelle, puis nous sommes allés à la rencontre du frère de Kyuuji, Isshiki, chef du village Kyomura. L’air de famille est indéniable, mais le jeune chef affichait un regard dur que je n’ai jamais vu dans les yeux de son frère. Il était accompagné du chef de la milice locale, Ogai.

Pendant que j’écoutai Gaelle et Arei informer les deux autres, je compris que je venais de plonger dans une histoire sombre voire sordide. Les méfaits de la guerre, encore.
Une personne avait disparu. Sanji, chef de la milice en titre et père d’Ogai, qui menait l’enquête au village depuis des mois sur une menace de trahison au profit de l’Empire. Seuls les membres d’Opale étaient informés de cette surveillance, afin de ne pas risquer d’alerter les suspects ni d’aggraver des tensions déjà bien présentes dans le village.
Au stade actuel de ses investigations, Sanji avait resserré son filet sur deux anciens conscrits garlemaldais revenus au village –Iesue Arikata et Naokata Morihisa- et sur l’épouse d’un prêtre – Fuji Kazutame- dont le fils était mort suite au même rapt de jeunes gens opéré par l’Empire bien des années auparavant.
Le mobile apparent était la vengeance contre la famille Atagi qu’ils estimaient responsable de leurs malheurs.
J’avais entendu parler de cette pratique utilisée par les impériaux pour alimenter les rangs de leur armée en puisant de force parmi la population des terres colonisées, mais c’était la première fois que j’étais directement confronté à ses conséquences.

Arei expliqua que l’objectif était de les prendre en flagrant délit, mais la suspicion ambiante entretenue par les prêtres opposés aux Atagi ne facilitait pas une action discrète et concertée. Arei supposait que les suspects avaient compris qu’ils étaient démasqués et avaient pris le risque d’une action ouverte. Une telle action permettrait de les arrêter sans créer d’émeute au village, mais les possibles manipulations impériales sous-jacentes restaient inconnues et cela préoccupait grandement Arei.

Il fallait retrouver Sanji, qui détenait probablement des preuves accablantes.
L’homme étant responsable du chenil de la milice, on donna un de ses vêtements à flairer à un de ses chiens, qui nous entraîna sur une piste vers la sortie du village et la plage. Un endroit très isolé, qui me fit craindre le pire. Craintes aussitôt confirmées par le monticule de sable d’où nous avons tiré le cadavre de Sanji.
Un carnet tomba de sa poche et je le ramassai, avant d’examiner les alentours. Des traces de piétinement, probablement un combat, puis des traces se dirigeant vers la mer. Plusieurs barques étaient tirées sur le sable et nous avons déduit que les fuyards avaient été poursuivis par Sanji. Ils l’avaient tué, grossièrement caché le corps sans même penser à le fouiller, puis avaient fui par la mer.
Des amateurs, trop paniqués pour réfléchir. Tout dans leurs actions sentait l’improvisation désespérée.

Je feuilletai le carnet de notes de Sanji. Il y recensait les résultats de ses investigations quotidiennes et après un certain nombre de rapports de délits divers, les pages concernaient l’affaire en cours. Son enquête confirmait nos soupçons sur le trio et révélait que Iesue avait été fait citoyen garlemaldais. Un honneur rare pour un étranger, qui signifiait qu’il avait accompli des faits d’armes notables dans leur armée.
Le carnet se terminait par une liste de noms. Les jeunes hommes du village enlevés par Garlemald onze ans plus tôt et la liste de ceux qui étaient morts sous la bannière impériale. Le fils de Fuji y figurait, ainsi que Kyuuji, dont le nom avait été rayé de la liste.
Je restai quelques instants à considérer les implications de ces mots griffonnés sur le papier. Kyuuji avait été enrôlé dans l’armée impériale et déclaré mort, alors qu’il était bien vivant.

Nous avons ramené le corps de Sanji dans sa maison, le plus discrètement possible, afin de pouvoir garder l’effet de surprise sur nos deux suspects. La milice allait se charger de les appréhender s’ils étaient encore dans les parages.
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Zaurak
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Re: [Journal de Zaurak] Dossier Kyomura

Message non lu par Zaurak » 25 janv. 2019, 21:12

Dix-neuvième soleil de la quatrième lune astrale

Zaurak fut interrompu dans ses recherches arcaniques par l’appel de la perle d’Opale.
Il était convié à partir avec les autres pour Kiyomura, où ils devaient interroger les deux assassins enfin appréhendés par la milice. Il fit le voyage en compagnie d’Arei.
« J’espère pour eux qu’ils seront plus coopératifs que l’autre jour… »
Zaurak regarda le jeune hyur sans broncher et répondit
« Vous m’avez fait venir pour ça, non ? »
Arei savait, même s’il ne l’avait jamais vu en action, que Zaurak avait des compétences en torture. Il hocha la tête avant d’ajouter
« Si on peut éviter d’avoir à les convaincre ainsi c’est mieux, mais vu leur attitude et leur passé de soldat je n’y crois guère.

Ume et Finaen arrivèrent, accompagnés d’Ogai qui devait être présent en tant qu’officiel, mais laisserait Opale conduire l’interrogatoire. Sa maîtrise de lui-même était admirable, après tout ces hommes avaient assassiné son père.
Finaen et Ume s’adossèrent au mur. De toute évidence, ils comptaient sur Arei et Zaurak pour diriger les opérations. Ce dernier proposa à Arei de commencer, car il connaissait mieux ces gens que lui.
Zaurak avait déjà vu le hyur en action et savait qu’il pouvait par moments devenir plutôt effrayant.
Il suivit Arei vers la cellule.
Les deux raen étaient assis par terre côte à côte, leur tournant le dos.
Arei les interpela d’un ton où perçait une moquerie malsaine.
« Bonsoir les filles, c’est l’heure des questions ! J’espère que vous êtes bien reposés et êtes disposés à coopérer plus intelligemment que l’autre soir. »
Ils ne bougèrent pas d’un pouce, l’ignorant. Puis l’un des deux leva le poing sans se retourner et fit un doigt d’honneur.
Arei soupira, puis se retournant vers Ogai demanda s’il était possible de disposer d’un lieu plus adapté. Ogai proposa un bureau voisin et ouvrit la cellule.

Zaurak proposa de les interroger séparément et Arei déclara qu’il s’occupait du « comique qui faisait des trucs avec ses mains ». C’était Iesue.
Ogai le tira de la cellule, il suivit passivement jusqu’à se retrouver assis dans le bureau, affichant un air blasé. Arei s’approcha, Zaurak resta légèrement en retrait, sa capuche toujours tirée sur son visage. Ume et Finaen observaient et la raen tentait visiblement de rester impassible, tout en laissant paraître un peu de compassion.
Arei déclara d’un ton calme
« On va pas y aller par quatre chemins. On sait que vous marchez pour les impériaux et on veut savoir ce que vous manigancez ici, équipés par leurs soins et en contact permanent. Je sais aussi que vous étiez soldats et que ce n’est pas un interrogatoire qui va t’impressionner. Mais on trouvera le moyen de te délier la langue si tu ne coopères pas, sois en certain. »
Iesue fit mine de ne pas comprendre et répondit par une insulte en langue aora, traduite par Ogai quand Arei tourna vers lui un regard interrogateur.
Impassible, Arei saisit la main droite du prisonnier et lui cassa le majeur en le pliant vers l’arrière d’un coup sec. Le craquement résonna dans le silence.
« Tu parlais mieux notre langue après que je t’aie cassé le nez l’autre fois. Je voulais juste t’aider. »
Iesue cria, avant de se reprendre sans cesser de narguer Arei. Puis d’ajouter qu’il n’avait rien à dire et n’aimait juste pas les Atagi. Et qu’il n’avait aucune mission impériale.
Zaurak avança légèrement vers le prisonnier tremblant de douleur et dit doucement
« Dis à mon ami ce qu’il veut savoir et je répare ta main. »
L’homme se contenta de les insulter.

Arei soupira et retira son bandeau et le gant de sa main droite.
« Et après on se plaint de mon manque de civilité. Laisse-moi essayer de te convaincre autrement, alors… »
Zaurak observait avec intérêt la petite sphère d’ether noire de ténèbres qui se formait autour du poing du hyur. Puis Arei avança la main droite, index tendu et d’une simple pression de son doigt contre la poitrine du prisonnier fit entrer la sphère dans son corps. Une seconde de ténèbres pures.
Ume grimaça et détourna le regard.
Iesue écarquilla les yeux et retint un cri d’horreur. Crispé, tremblant, le souffle court, il se débattit pour tenter de se mettre hors d’atteinte de son bourreau et regarda enfin Arei avec terreur, serrant sa main blessée contre lui.
« Fais donc une faveur à tout le monde ici, ne m’oblige pas à recommencer en y mettant les formes et raconte nous ce qu’on veut savoir. »
Frissonnant, le prisonnier commença à parler. Mais sa première réaction fut de demander à Arei de ne pas faire subir la même torture à Naokata s’il coopérait.
« Je ne l’approcherai même pas si tu nous racontes tout. Mais tu as intérêt à ne rien oublier. »
Iesue fit un signe de tête approbateur vigoureux, tout en se tenant la main qui commençait à enfler.

Son ton avait changé. Il n’y avait plus de provocation, juste une motivation désespérée.
« Garlemald. Ils devaient nous récupérer. Sont pas venus. C’était mon tremplin, je suis citoyen. Cette histoire de Kami devait rapporter le même titre à Naokata. Mais ça a foiré alors on a changé de plan. C’était le bonus, ça. Les Atagi morts on aurait fait revenir Garlemald ici pour qu’ils reprennent possession du village. Ça aussi ça a foiré… »
Arei insista
« Pourquoi prendre le village ? pour en faire une petite garnison planquée dans la montagne ? Et l’ether volé au Kami ? »
Iesue continua, fébrile
« Juste un avant poste. Enfin c’était l’idée que je leur avais soufflée, vu que le coin est imprenable si on sait le défendre, mais on nous a donné qu’une bande de branques…L’éther… Ah ouais, c’était le plan initial. Faire prendre possession, on avait un pote ingénieur scientifique, le kami l’a intéressé, on s’en est servi. »
Ume arqua un sourcil, tandis qu’Arei se tournait vers elle pour avoir son avis sur la crédibilité de l’histoire.
« Ils ont essayé d’en récupérer l’ether, mais j’ai du mal à comprendre le sens de… faire prendre possession. »
Iesue, le naturel reprenant le dessus une fois sa terreur estompée, expliqua
« La connerie est contagieuse… me fallait un prétexte pour attirer l’armée ici. J’ai pas assez de poids pour convaincre un gradé, alors je me suis servi d’un pote scientifique… en lui vendant le rêve d’avoir un… »
Tandis qu’il cherchait le terme exact, Ume s’était approchée, tendant sa main
« Donnez moi votre main. Un Egi ? un Eikon ? »
Iesue hocha la tête et se débattit tandis que la raen replaçait son doigt dans l’axe et terminait d’un sort de soin.
Zaurak commenta
« Faire miroiter à un savant quelque chose qu’il sait qu’il ne pourra jamais avoir… c’était plus futé que l’assassinat. »
Iesue soulagé jeta un regard incrédule à Ume avant de répondre
« On avait plus le temps de réfléchir qu’ici. »
Suivirent une tirade sur le fait que le village était propriété légitime de l’Empire et des propos méprisants sur ses habitants, en particulier Kyuuji dont le retour avait manifestement compromis leurs plans et qu’il haïssait pour ne pas avoir profité des opportunités que ses talents lui auraient valu au sein de l’armée impériale.
Ume poursuivit, amenant le captif à réaliser que le savant impérial les avait simplement utilisés, ne leur fournissant que le minimum de moyens et les abandonnant dès que le projet avait tourné court.
De manière surprenante, Iesue montra un certain respect pour Sanji, confirmant qu’ils avaient dû le tuer parce qu’il les poursuivait, mais qu’il s’était bien battu.

La conversation changea de ton. Toutes les informations avaient été données, mais les motivations du duo restaient étrangement floues et leurs actions décousues. Iesue parlait plus librement, affirmant clairement sa conviction sans faille de citoyen garlemaldais et son mépris pour les eorzéens. Ce qui semblait le plus le chagriner était l’impossibilité pour lui et son ami de retourner à Garlemald. L’ancien adolescent enrôlé de force avait fait sienne la doctrine impériale et pensait à présent sincèrement agir pour la paix et le bien des nations.
Ses derniers mots avant qu’on le ramène en cellule furent pour son ami. Rappeler à Arei sa promesse de ne pas le toucher et déclarer qu’il ne savait plus quoi faire maintenant qu’ils ne pouvaient pas rentrer à Garlemald sans risquer que Naokata soit exécuté pour désertion.

Arei était redevenu calme, Finaen observait d’un air pensif et Ume insistait pour déterminer si Iesue représentait encore une menace pour le village. Zaurak posa la question qui éclipsait toutes les autres, celle de savoir ce qui était le plus important aux yeux du prisonnier. Le regard baissé, il reconnut que c’était son compagnon.
Ogai précisa que leurs lois ne prévoyaient pas ce genre de situation et que la sentence serait décidée par le chef du village.
Ogain le reconduisit en cellule et ramena Naokata, dont Zaurak voulait entendre la version des faits.

Naokata était différent. Un peu plus âgé, il affichait une expression plus triste que révoltée.
Il leur raconta comment ils avaient été enrôlés de force dans l’armée impériale, comment leur medicus avait déserté, comment Iesue avait traqué les déserteurs et gagné suite à cette action son statut de citoyen. Après cela le couple avait été séparé, affecté à des corps d’armées différents. Iesue avait réussi à arracher son compagnon aux lignes de front et lui avait proposé son plan pour le faire naturaliser à son tour.
Naokata reconnaissait qu’ils avaient été endoctrinés. Iesue croyait fermement à cet idéal, Naokata était plus réservé sur les méthodes employées pour l’atteindre, mais savait qu’ils n’avaient pas le choix. Pour rester ensemble dans le pays qui représentait à leurs yeux un espoir de vie meilleure, il fallait que Naotaka obtienne le même statut social que son ami. Maintenant que cette option n’était plus envisageable, ils étaient perdus.

Il leur restait cependant une chance, que les membres d'Opale firent naître peu à peu au fil du dialogue. Renoncer au rêve impérial, pour vivre paisiblement en Eorzea, loin de Kiyomura. Il ne manquait pas de lieux où deux hommes robustes et motivés pourraient apporter leur aide sans qu’on leur pose trop de questions sur leur passé.
Il fallait pour cela que Naokata parvienne à convaincre son impétueux compagnon d’oublier l’Empire. Il pensait en être capable.
Il faudrait aussi qu’ils se montrent aussi honnêtes face au Conseil du village, constitué de personnes sages et pacifiques qui sauraient les écouter sans haine.

Les membres d’Opale, à présent davantage guidés par la compassion devant la simple sincérité de Naokata, argumentèrent tous dans ce sens. Chacun dans le groupe se rejoignait sur le fait que la vie donnait parfois des leçons difficiles à avaler et que personne n’était tout blanc, mais qu’il n’était jamais trop tard pour essayer de changer ou de se repentir.
Naokata rejoignit son compagnon de cellule. Le Conseil et le chef du village les jugeraient bientôt.
Ogai remercia le groupe, et Opale prit congé.
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