[Journal de Zaurak] Dossier Pakhem

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Zaurak
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[Journal de Zaurak] Dossier Pakhem

Message non lu par Zaurak » 25 janv. 2019, 20:42

Journal de Zaurak Icewind
Quatorzième soleil de la troisième lune ombrale


Cette journée a été riche en découvertes et en expériences.
Arei m’a convié à rejoindre une équipe d’Opale qui se rendait à Sombrelinceul pour rencontrer le mystérieux voyageur qu’ils appellent le Bon Samaritain. Etaient présents Arei, Kyuuji et son épouse Gaelle, et un archer que l’on me présenta comme Altan Adarkim.

C’est dans les profondeurs de la forêt que nous avons trouvé celui qui avait requis l’aide d’Opale.
Sa silhouette mince revêtue d’une tenue rouge à la mode orientale était coiffée d’un large chapeau conique dont l’ombre dissimulait ses traits. Même à distance, son ether rayonnait d’un spectre riche et profond, l’aura d’un homme qui avait vécu une existence longue et très bien remplie. En approchant, cependant, il devenait visible que cet ether était affaibli, tout comme l’homme aux mains ridées et à la voix chevrotante.
Mes compagnons semblaient inquiets de rencontrer le vieillard si mal en point, mais très vite l’homme nous indiqua la cause de son appel à l’aide. Devant nous, au fond de la clairière, une faille de Néant s’était ouverte, et sa vibration négative perturbait la faune environnante.
L’homme indiqua qu’il aurait pu s’en occuper lui-même, mais ne le faisait plus par crainte de provoquer des catastrophes. Opale m’avait déjà raconté comment ils avaient découvert qu’il laissait derrière lui des accidents à répétition, comme un tunnel creusé dans la roche du Thanalan qui s’était écroulé sur une route. Ils l’en avaient informé, mais la sage décision qu’il avait prise de ne plus utiliser son pouvoir sur ces anomalies semblait lui coûter, car à plusieurs reprises je le vis se tourner vers la faille et avancer comme hypnotisé avant de se reprendre.

Il fallait fermer cette faille et personne dans le groupe n’avait les capacités pour le faire. Je proposai alors d’utiliser un sceau de confinement, mais restait le problème de l’énergie à fournir pour l’alimenter. Kyuuji et Gaelle offrirent alors de s’en charger, en puisant dans l’ether naturel ambiant grâce à leur don d’élémentalistes.
Il me manquait cependant le composant support du tracé magique et l’aide vint de notre mystérieux ami, qui se révéla alchimiste compétent et possesseur d’une boîte en bois antique remplie de mixtures de son invention. Il me fournit un flacon de sang à la charge étherée remarquable et j’entrepris de mettre mes connaissances en pratique pour la première fois.
J’avais déjà vu Valoroix faire ce genre de chose et je connaissais les glyphes à combiner pour obtenir ce que nous voulions faire, mais j’ignorais si ma puissance serait suffisante pour un tracé de cette taille et puiser dans l’environnement présentait un risque non négligeable en présence des deux élémentalistes qui m’observaient. Même Arei avait l’air intrigué et ne me quittait pas des yeux.

Comme je l’ai appris, j’utilisai le réseau des glyphes et des gemmes de mon corps pour catalyser et concentrer mon ether vital et je le laissai couler de ma main le long de la baguette qui me servait à tracer, en même temps que le sang enchanté qui en augmentait la force. Je vis avec satisfaction le tracé prendre forme, solide et net sur le sol herbeux, luisant de plus en plus fortement au fur et à mesure que je refermais le cercle.
Pendant ce temps, les deux élémentalistes se préparaient.
Gaelle tenait son bâton fermement, commençant à canaliser l’ether de lumière dans son arme. Kyuuji étudiait mon tracé d’un œil de connaisseur, mais voyant son épouse faire il l’imita, canalisant doucement l’ether en un point lumineux sous sa main.
Je fermai le tracé et me redressai péniblement, m’éloignant jusqu’à un arbre proche où je m’appuyai pour ne pas tomber. A mon signal les deux élémentalistes avaient commencé à charger le sceau et je les regardai faire, fasciné par leur puissance. Le tracé m’avait vidé de presque toute ma force et il me faudrait plusieurs heures de repos pour qu’elle revienne. Ma poitrine brûlait, le cristal me faisait payer cher l’énergie qu’il m’avait donnée.
Kyuuji leva la main et l’étoile miniature qui brillait sous sa paume devint un rayon intense dirigé vers le sceau. Gaelle se synchronisa avec lui, redirigeant le flux du cristal de son baton vers le tracé du glyphe. Leur harmonie était impressionnante, parfaite. Je ressentais le flux d’ether continu et diffus qui montait vers eux depuis la nature environnante, comme la caresse d’une pluie fine ou d’un vent léger. Je savais comment procédaient les élémentalistes, mais c’était la première fois que je voyais leur plein pouvoir en action.

Je ne pus cependant pas les observer longtemps. Comme nous le redoutions, notre intervention fut contrée par les habitants de la forêt tombés sous l’influence du Néant. Arei et Altan se tenaient en alerte, pour protéger le processus de toute interruption. Trois insectes et un treant avançaient vers nous.
Arei chargea le plus gros des insectes et au bout de quelques instants la créature se tordait au sol, impuissante, plusieurs pattes tranchées. Deux petits foncèrent sur moi et j’utilisais un des sorts de base d’élémentaliste que j’avais appris pour en repousser un, puisant de l’ether dans l’arbre sur lequel j’étais appuyé. Le second fut épinglé par une flèche d’Altan.
Arei acheva sa cible avant d’avancer vers le treant qui se rapprochait d’un pas lourd et lent. Altan encocha une seconde flèche et tira presque à bout portant sur l’insecte qui s’était détourné de moi pour foncer sur lui. La créature tomba à ses pieds, tuée net.
Profitant du répit qui m’était donné, je puisai une nouvelle fois de l’ether ambiant, dans le sol cette fois, pour élever un bouclier protecteur sur mes compagnons. Mais cette énergie emportait au passage un peu de la mienne, achevant de m’affaiblir et je ne pus empêcher l’insecte restant de revenir sur moi me griffer profondément le bras. Altan m’en débarrassa d’un nouveau tir pendant qu’Arei chargeait le treant, bondissant et portant un coup puissant de haut en bas avec sa grande épée. Le coup trancha net un des bras de l’homme-arbre.

Je pus me retourner vers les deux élémentalistes. Le sceau luisait intensément et l’influence de la faille se réduisait déjà, libérant la faune de sa folie. Je les regardai achever son activation pendant qu’Altan assistait Arei pour abattre le treant. Le tracé vibrait de puissance et la faille se mit à rétrécir, enserrée par le glyphe de lumière qui l’étouffa jusqu’à ce que les deux se réduisent à un point, puis disparaissent dans une implosion silencieuse.
Un mouvement dans mon dos attira mon regard. Le Bon Samaritain, que nous avions tous oublié dans le feu de l’action venait de se ruer sur le treant, poings levés et le couvrait de coups maladroits. Le spectacle était étrange, car l’homme savait de toute évidence comment se placer et se battre, mais il était tout simplement trop faible physiquement pour y parvenir. Arei et Altan achevèrent heureusement l’adversaire avant que le vieillard ne soit blessé.

Dans la clairière redevenue calme, j’étais au final le seul blessé, Arei s’en tirant avec quelques contusions. Je me laissai tomber au sol, épuisé mais soulagé que tout ait bien fonctionné comme prévu. Pendant que le vieillard nous remerciait d’avoir réglé le problème, Kyuuji s’approcha de moi et examina mon bras. Les griffes avaient lacéré ma manche et balafré la chair. Les plaies saignaient abondamment, mais une bonne suture résoudrait les choses sans séquelles. Ou un sort de soin.
Le mage blanc leva la main au-dessus de mon bras et invoqua l’ether de vent avec une facilité évidente. Un instant plus tard, il ne restait aucune trace de ma blessure, et le tracé bleuté qui courait sur ma peau luisait faiblement, ayant absorbé au passage un peu de l’énergie curative qui l’avait traversé. Kyuuji ne pouvait pas ne pas l’avoir remarqué, mais il se contenta d’arquer un sourcil sans faire de commentaire et se releva pendant que je le remerciais à la fois oralement pour ses soins et d’une inclinaison de tête pour sa discrétion.
Je pus échanger quelques mots avec les deux élémentalistes, qui me parlèrent de leur art et de cet ether de lumière si particulier qu’ils avaient canalisé.

S’ensuivit une passionnante conversation avec le vieillard.
Arei semblait très affecté de le voir si affaibli et je compris qu’il avait vieilli de manière accélérée depuis sa rencontre précédente avec Opale, passant d’homme adulte à vieillard en quelques mois.
Il avait consulté les Occultistes à Uldah, pensant que son état et son pouvoir pouvaient avoir un lien avec le Néant, mais ils lui avaient répondu que même s’il y avait des similitudes c’était autre chose.
Il apparut également que la mémoire du vieil homme était très vague, il ne savait pas quel âge il avait et peinait à resituer des évènements même récents. Quant à son passé… il semblait totalement perdu. Il sait qu’il a voyagé dans le monde entier, mais n’a aucun souvenir précis.

Quand je lui demandai directement de décrire son pouvoir, il expliqua qu’il lui permettait de détruire les phénomènes du Néant, failles et corruptions, mais qu’en contrepartie cela créait des désastres dans son sillage. Depuis qu’il sait cela il a décidé de ne plus s’en servir. Et il sait aussi que ce pouvoir lui a été donné, mais il ne se souvient pas de son origine. Et ce don répond à sa volonté.
Il affirme suivre des signes, des visions pour trouver les énergies de Néant, mais je pense qu’il dispose tout simplement d’une capacité de détection hors normes.
Gaelle et Kyuuji qui l’ont déjà vu utiliser son don ont confirmé la présence d’une empreinte étherée différente à cet instant. Et ils ont décrit une flamme violacée, rouge, bleutée, qui pouvait attaquer l’ether du Néant et le renvoyer dans son plan d’origine.
Nous avons constaté qu’il luttait manifestement contre lui-même pour se tenir à distance de la faille, et il a confirmé qu’il ressentait cela comme un besoin impérieux et n’était pas certain de parvenir à continuer d’y résister.
Au final, avec tous les indices que mes compagnons ont évoqués, j’en suis arrivé à la conclusion que cet homme abrite une entité symbiote, qui lui donne ce don, qui très probablement se nourrit de ces énergies de Néant et qui en contrepartie bloque le vieillissement naturel de son corps. Et comme il refuse de se servir de son pouvoir maintenant qu’il en connait les effets indésirables, le symbiote est affamé et soit cesse de protéger son hôte, soit s’en nourrit… ce qui le fait vieillir en accéléré et risque de le tuer.

Nous avons discuté de tout cela devant lui et avec lui, mais étrangement, il ne semble pas comprendre vraiment de quoi nous parlons et paraît vivre dans une sorte d’univers mental très flou et imagé, où il se pense guidé par le destin…
Opale a résolu de l’emmener à leur dispensaire, pour pouvoir garder un œil sur lui, le soigner et intervenir à sa place si un autre de ces « signes » lui apparait. Il a accepté cette protection-assistance, sans avoir l’air de réaliser le moins du monde que cela fait presque de lui un prisonnier.
Nous allons devoir unir nos connaissances pour élucider ce mystère.
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Zaurak
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Re: [Journal de Zaurak] Dossier Pakhem

Message non lu par Zaurak » 25 janv. 2019, 20:45

Journal de Zaurak Icewind
Vingt-quatrième soleil de la troisième lune ombrale


Ce soir nous nous sommes réunis au local d’Opale pour tenter d’en apprendre davantage sur son mystérieux invité.
Après un rappel de nos constats et hypothèses, nous sommes passés à l’expérimentation.
L’homme se laissait faire, semblant sans cesse sur le point de s’endormir dans son fauteuil.
On me présenta Finaen Akh’elin, un elezen membre d’Opale.
Finaen entreprit d’analyser l’ether du vieillard. Je le vis se concentrer, puis rouvrir les yeux, sourcils froncés. Il confirma la présence d’une entité intimement liée au corps de l’homme, puisant dans son ether. Une fusion telle que les deux sont presque indissociables.

Ainsi le parasite qui s’affaiblit en même temps que son hôte s’en nourrit pourtant pour survivre. Un choix qui n’en est pas un, mais qui signifie que nous devons comprendre comment cette symbiose fonctionne si nous voulons sauver cet homme d’une mort inéluctable.
On pouvait bien sûr laisser l’entité se nourrir de Néant, ce qu’elle voulait faire, nous l’avions constaté face à la faille. Mais il fallait pour cela découvrir pourquoi les catastrophes se produisaient ensuite et trouver si cela était possible un moyen de les éviter. Cela aurait fait de cet homme une arme inestimable contre les incursions du Néant dans notre monde.

Gaelle a ensuite injecté de l’ether de lumière dans le corps du vieillard, pour tenter de faire réagir l’entité. Comme dans la clairière, elle utilisa le cristal de son bâton comme catalyseur. Le flux fut soudain absorbé, aspiré, puis recraché intact. Gaelle s’interrompit et Arei suggéra qu’il pourrait essayer de lui donner du sien, tout en précisant que la chose était déplaisante pour le receveur. Finaen pensait que l’ether corrompu pourrait également convenir.
Finalement, Gaelle décida de recommencer l’infusion, avec plus de puissance. Finaen surveillerait les niveaux énergétiques. Le résultat ne se fit pas attendre.

Le vieillard se convulsa et une voix étrange sortit de sa bouche. Lente, pesante, mal articulée. La voix d’une entité pour qui parler à travers un corps humain n’était pas naturel.
La chose nous suppliait d’arrêter, que cela allait les tuer. Tous les deux.
Finaen lui demanda ce qu’ils étaient, et la réponse fut double. Je suppose que le son inadapté à notre oreille qui suivit était le nome de l’entité dans sa langue originelle, puis vint un nom.
Pakhemetnou. J’orthographie comme cela a été prononcé.
Je demandai ce qu’ils voulaient, et la réponse fut simple. Vivre. Il fallait pour cela qu’on le laisse se nourrir.
Les questions suivirent, rapides car l’état physique du vieillard se dégradait.
L’entité vient d’un autre monde. Mais pas du plan du Néant, qu’elle désigne comme son ennemi. Elle maintient son hôte en vie et se nourrit de l’ether de Néant. Il est impossible de les séparer sans les tuer tous les deux.
L’entité affirme qu’ils sont une création du peuple de son hôte, une symbiose destinée à servir d’arme. Ils appelaient cela Thamfitis.
Pakhemetnou est le nom de notre invité. Son origine est située par l’entité dans le désert, un lieu que l’entité nomme Sakhebou. Très ancien, même si la chose ne semble pas avoir la notion du temps. Le temps écoulé est la raison pour laquelle le vieillard perd la mémoire.
La chose ignore si l’on peut éviter les effets secondaires consécutifs à son action. Ils sont naturels pour elle.

L’ether de l’humain a finalement repris le dessus et l’entité a cessé de s’exprimer tandis que le regard du vieillard reprenait son expression habituelle un peu égarée. Son corps s’est un peu plus flétri et il n’a visiblement pas conscience de ce qui s’est passé.
Il n’a malheureusement pas pu nous éclairer une fois qu’on lui a expliqué ce qui s’était produit. D’ailleurs il n’a pas l’air de vraiment comprendre. Peut-être un effet de la symbiose. S’il est âgé de plusieurs siècles voire plus comme nous le pensons, son amnésie lui a tout simplement permis de ne pas devenir complètement fou.
A présent, il nous faut faire des recherches pour identifier la langue et les noms que l’entité nous a cités. Savoir d’où ils viennent.
Mais nous allons aussi devoir passer à l’action rapidement. Il est indispensable de laisser le symbiote se nourrir sinon ils vont mourir. Nous allons étudier un moyen de le laisser accéder à de l’ether de Néant dans une zone où les conséquences pourront être minimisées.

Pendant qu’il allait se reposer, j’ai parlé avec Arei. Il m’a révélé que leur première rencontre avec celui que je vais maintenant nommer Pakhem avait eu lieu dans des ruines au Thanalan, où il a fermé une faille et détruit des cadavres réanimés par le Néant.
Je vais consulter les archéologues qui travaillent là-bas. Qui sait, ils pourraient avoir des indices. Pakhem est âgé. Très âgé. Peut-être assez pour avoir naître et tomber les cités antiques dont les ruines parsèment la zone.
Comme l’a dit l’un d’entre nous, les années le rattrapent d’un coup… Mais si nous parvenons à trouver un moyen pour lui d’utiliser son pouvoir sans risques pour l’environnement, Eorzea disposera d’un défenseur immortel. A supposer bien sûr que son état soit réversible, mais je serais prêt à parier que c’est le cas.
Arei m’a également révélé que les connaissances de Pakhem en médecine traditionnelle sont impressionnantes. Des siècles de savoir accumulé. Cela ne doit pas disparaître.
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Zaurak
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Re: [Journal de Zaurak] Dossier Pakhem

Message non lu par Zaurak » 25 janv. 2019, 20:48

Journal de Zaurak Icewind
Dix-huitième soleil de la quatrième lune astrale


Après un mois de recherches intensives, nous avons un peu progressé.
Finaen a trouvé chez les moines de Gyn Abania la trace d’un disciple étranger venu du désert, qui aurait étudié pendant deux générations de maîtres sans vieillir d’une seule année. Il devint maître à son tour, puis s’en retourna dans son pays.
Même si nous n’avons pas de certitudes, des similitudes nous orientent vers Belah’dia et sa descendante Sil’dih, sur les ruines de laquelle est bâtie l’actuelle Uldah.

Nous avons trouvé un terrain adéquat pour l’expérience qui nous a permis à la fois de remettre Pakhem sur pied et d’en apprendre davantage sur son pouvoir.
L’idée d’ouvrir une faille de Néant, quoique séduisante d’un pur point de vue théorique et scientifique, a été écartée du fait du danger considérable lié à ces pratiques.
Nous avons décidé de nourrir le symbiote avec les zombis qui réapparaissent régulièrement dans la zone de Qarn. Un peu au nord, une grotte soumise à des influences néfastes a servi de nécropole. J’y ai repéré plusieurs de ces mort-vivants et j’ai posé des sceaux sur l’entrée pour qu’ils ne sortent pas de la caverne.
Nous nous sommes ensuite rendus sur place avec Pakhem.
Arei devait tenir en respect les zombis, assisté par notre magie et Pakhem absorber leur énergie sombre une fois qu’ils seraient affaiblis. Le plan fonctionna, même si la grande faiblesse physique du vieillard nous obligea à lui servir son dîner bien amoché. Après avoir absorbé quatre zombis, il semblait déjà plus en forme.

Nous avons pu observer ce qui se produisait. Grâce à mes lunettes spéciales, j’ai vu ce que Pakhem a fait au moment où le zombi a cessé de bouger. Il a libéré le fragment d’ether naturel encore présent dans le corps décomposé, comme le ferait un élémentaliste sur un individu récemment décédé.
Ne restait alors qu’une lueur malsaine d’ether du Néant. Sa main s’est entourée d’une lueur bleu-violet et il a absorbé cette étincelle de Néant tandis que le zombi se désintégrait en poussière. Finaen confirma par la suite que cela avait bien nourri le symbiote.
Au bout de plusieurs zombis, le corps de Pakhem s’était régénéré de manière visible.

L’ether naturel avait été piégé dans mes sceaux, mais nous avons alors vu sortir du corps du vieillard une sorte d’ombre étherée, marquée de l’empreinte du symbiote. Etrangère et nous mettant tous mal à l’aise par sa seule présence. Une sorte de déchet cosmique, rejeté par le symbiote une fois son repas digéré.
Nous avions découvert la source des catastrophes. Cet ether qui n’avait rien à faire là, hors de son univers et qui dérivait lentement comme un nuage porté par le vent.
Mes sceaux l’empêchaient de quitter la zone et Gaelle tenta de l’emprisonner dans une cage de lumière, ce qui ne lui fit aucun effet. Le déséquilibre induit par sa présence était palpable.
Cette énergie d’un autre monde cherchait quelque chose… Ume suggéra qu’elle cherchait un passage vers cet ailleurs d’où venait le symbiote. Cela pouvait en effet expliquer pourquoi les catastrophes avaient toujours été repérées en des lieux où existaient au préalable des accrocs dans la trame ethérée.

Après une longue discussion, nous avons entrepris de rechercher un tel accroc. Finaen s’est plongé dans une sorte de transe et en a localisé un dans la falaise proche. L’endroit était désert et quelques tonnes de rocher écroulé ne feraient pas de victimes si on se tenait à bonne distance.
J’ai ensuite annulé un des sceaux et l’anomalie a dérivé lentement en direction de la brèche dimensionnelle infime qu’elle semblait avoir détecté.
Nous observions tous avec attention et nous avons vu l’empreinte se glisser dans l’accroc, s’y insérer, puis disparaître en provoquant une petite explosion. Une fraction de seconde, un tunnel s’est ouvert entre deux mondes, le nôtre et un autre baigné de lumière infiniment pure. Puis il s’est refermé et la roche s’est effondrée avec fracas, tandis que les deux élémentalistes contenaient de leur mieux la chute des rochers.
Nous avons ensuite libéré la seconde anomalie et le processus s’est reproduit, nous laissant entrevoir cet autre monde, probablement un des reflets du nôtre dont parlent les archives les plus ésotériques des Arcanistes. Ces reflets qui s’étendent au-delà de notre dimension vers la lumière ou vers les ténèbres, pour y sombrer comme l’a fait le Néant.
Que le symbiote vienne d’un monde livré entièrement à la Lumière ne serait pas illogique, étant donné qu’il s’agit d’une arme contre les ténèbres du Néant.
Nous avons pu constater que l’accroc dimensionnel avait quasiment disparu. Ainsi ces énergies provoquent des ruptures étherées par leur passage en force vers cet autre monde, mais en même temps leur passage répare ces accrocs.

Nous sommes rentrés, avec un autre projet déjà ébauché.
Pakhem avait observé mes sceaux et ses remarques m’ont donné l’idée de lui en fabriquer une version portative réutilisable sous forme de médaillon, pour qu’il puisse au moins choisir où relâcher les rejets de son symbiote. Mais il a décidé qu’il voulait une bague, compliquant sérieusement la tâche. Finaen a cependant accepté de l’entreprendre si je lui dessine le tracé à graver.
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Re: [Journal de Zaurak] Dossier Pakhem

Message non lu par Zaurak » 25 janv. 2019, 20:53

Journal de Zaurak Icewind
Onzième soleil de la cinquième lune ombrale


Que d’évènements en si peu de temps…
Nous avons repris notre étude du cas Pakhem.
Nous l’avons retrouvé aux environs de l’usine de céruléum, sans qu’il puisse dire ce qui l’avait conduit dans ces confins désolés.
Nous avons discuté avec lui et l’avons conduit à réaliser qu’il possédait un pouvoir de type magique et que ce pouvoir était sous son contrôle. Nous lui avons pour cela montré les nôtres, dans leur diversité. Gaelle manipulant la Terre, Arei et sa magie de sang sur sa lame et moi en traçant un glyphe mineur. Nous avons essayé de lui expliquer l’ether et la magie. Lui nomme l’énergie fondamentale Ankh. Et il qualifie la magie de don divin.
Etre confronté à la réalité de son propre pouvoir de transmutation par l’évidence du produit ombreux qu’il a lui-même observé l’a choqué profondément, faisant voler en éclat le référentiel biaisé dans lequel il vit.

C’est à ce moment là que nous avons tous vu le symbiote agir, recouvrant totalement Pakhem d’un voile ethéré pendant quelques secondes. Et juste après cela, quand le symbiote s’est retiré et à nouveau fondu dans l’aura de son hôté, Pakhem nous a regardés avec calme, tandis que nous comprenions que sa mémoire venait à nouveau d’être effacée. Cela confirme nos soupçons, le symbiote supprime tout souvenir qui compromettrait le contrôle qu’il exerce sur son hôte en le maintenant dans l’illusion d’être un messager divin investi d’une quête sacrée. Et le symbiote nous considère à l’évidence comme une menace, car de nombreux souvenirs récents nous impliquant ont été effacés.

Nous allons devoir trouver un moyen de communiquer avec le symbiote et d'éveiller Pakhem à la magie sans trop le perturber. Il faut passer de cette logique de contrôle et de survie à une coopération active et volontaire de ces deux entités qui partagent le même corps si nous voulons aider Pakhem à retrouver sa liberté.

Les options retenues sont les suivantes :
- Interroger Pakhem sur les Thamphitis. Il semble savoir de quoi il s’agit. Cela nous donnera peut-être une information sur un moyen de communiquer avec le symbiote.
- Renouveler l’expérience zombi, pour que Pakhem observe par lui-même le phénomène qu’il produit et pour tester la bague.
- Conduire Pakhem au Sanctuaire Atagi et effectuer un rituel de méditation collective connu par Gaelle.

L’expérience a été productive, cependant. Je suis à présent convaincu que Pakhem et son symbiote ne se contentent pas de neutraliser les perturbations de Néant en les absorbant. Il m’a fait remarquer que le Vide ne pouvait pas être absorbé ou détruit, seulement rempli.
Je vois ainsi un double objectif au processus. Les émanations d’énergie négative du Néant sont absorbées par le symbiote, qui s’en nourrit. Mais à un des stades de cette opération se produit une transmutation, qui génère le résidu ombreux fait d’énergie étrangère à notre monde, mais différente du Néant. Une énergie qui a pour particularité d’être capable de «remplir» les accrocs dimensionnels entre notre monde et celui d’où vient très probablement le symbiote, ce monde baigné de lumière pure que nous avons entrevu.

Le Thamphitis est donc une arme contre le Néant, mais aussi un outil qui répare les brèches entre les mondes. Deux fonctions très complémentaires, qui laissent penser qu’il aurait pu être créé dans ce monde étranger pour permettre à la Lumière de triompher des Ténèbres de manière absolue. Et importé dans le nôtre avec le même but.
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