[Trame] Deux

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Kyuuji
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[Trame] Deux

Message non lu par Kyuuji » 03 avr. 2019, 11:45

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Au cœur du cratère, la pierre pulsait de vie et d’énergie.
La terre vibrait sous leurs pieds au rythme des pulsations. L’air était chargé d’éther, faisant onduler leurs cheveux. Tout était silencieux en dehors du léger crépitement d’énergie que produisait la pierre. Sisibai et Liligu étaient fascinés par leur trouvaille.
Après des années de recherches, de calcules et de prédictions statistiques, ils avaient réussi à déterminer le point de chute de ce fragment de météorite. Tous leurs espoirs reposaient désormais dessus. Il devait être la source de leurs expériences, la force de leur réussite. Toutes leurs études reposaient sur l’énergie céleste de la météorite. Et maintenant qu’ils étaient devant l’objet de tous leurs espoirs, leurs rêves prenaient formes dans leurs esprits ingénieux.
Parvenant enfin à détacher ses yeux de la pierre, Sisibai tourna son regard sur son ami, collègue et époux, un fin sourire sur les lèvres.
— Nous l’avons trouvée.
Liligu lui répondit en hochant la tête, hypnotisé par le fragment.
— Elles est à nous. La pierre.
— La réussite.
— La gloire
— Et la richesse.
Le Lalafell plongea finalement son regard dans celui de Sisibai. Un regard empli de volonté farouche et de désir qui fit frémir d’excitation la jeune femme. En cœur, il se répondirent d’une même voix.
— Elles sont toutes à nous. Toutes.
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L’amphithéâtre était complet.
Il n’y avait plus une place assise de libre pour assister au colloque d’alchimie que tenait la guilde. Les couloirs étaient agencés de sorte à présenter toutes les conférences de la journée et leurs intervenants. De grandes affiches expliquaient les sujets abordés à côtés de portraits gigantesques des scientifiques. Les spectateurs se pressaient pour essayer d’avoir quelques confidences exclusives, pour souffler quelques mots d’encouragement ou pour avoir les meilleures places assises.
Sisibai et Liligu avaient réussi à s’asseoir aux premières loges en arrivant très tôt. Après des heures d’attente, la première conférence fut enfin annoncée. Le sujet ne les intéressait pourtant pas, mais ils écoutaient avec l’attention de la curiosité toute scientifique qui les habitait tous les deux.
Quand le maître de conférence eut enfin terminé son exposé, l’explosion des questions réveilla en Liligu son esprit de compétition et la convoitise de son épouse. Ils échangèrent un sourire complice et malin puis roulèrent des yeux de concert, amusés.
— Il est trop tôt pour nous faire remarquer.
— Tenons nous en à notre protocole.
— Nous avons besoin de ces explications.
— Notre patience paiera.
Ensembles, ils se réinstallèrent dans le silence et patientèrent jusqu’à l’arrivée du conférencier suivant.
Le sujet les absorba immédiatement. Ils ne ratèrent aucun mot, aucune nuance. La jeune femme prenait en note les formules tandis que son époux consignait les valeurs, les composants et les quantités. Le duo s’exprimait pleinement dans leur complémentarité et les habitudes établies de longue date.
Leurs petites mains, précises et agiles, peinaient pourtant à suivre le rythme que leur imposait la conférence. La douleur dans leur poignet témoignait de l’intensité de leur concentration et de l’excitation qu’éveillait le sujet. Mais le couple avait enfin les connaissances qu’il lui manquait pour terminer ses recherches.
Par curiosité et par respect pour leur confères, Liligu et Sisibai assistèrent aux autres conférences de la journée avec un entrain propre aux scientifiques passionnés. Ils furent agréablement surpris par l’exposé d’un alchimiste concernant un procédé permettant de conserver le potentiel énergétique d’un cristal sous forme de poudre.
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Sisibai contrôlait pour la cinquième fois leurs calculs.
Décidément, les résultats étaient bons. C’était presque inattendu tant le couple avait joué de chance et de provocation. Mais cela avait payé. Sisibai valida finalement les résultats et les tendis à son époux qui attendait de l’autre côté de la paillasse.
— Tout est bon.
— Le matériel est étalonné.
— Prête alors.
— Allons-y.
D’un signe de tête mutuel, les deux scientifiques se levèrent pour rejoindre la hotte d’isolement. A l’intérieur trônait une cuve ouverte, contenant un liquide verdâtre. A côté, la pierre trouvée au centre du cratère quelques années auparavant était en partie taillée. D’infimes fragments reposaient dans une coupelle. Malgré la vitre d’isolement, les lalfells sentaient encore les pulsations produites par la pierre. Elle n’avait rien perdu de son potentiel avec le temps, ni avec la taille. Ce fragment de météorite était véritablement une aubaine, la clef de voûte de la réussite du couple.
L’excitation de l’expérience à venir montait en eux deux inexorablement. Ils passèrent alors leur blouse, se nettoyèrent les mains jusqu’aux coudes et désinfectèrent leurs outils dans un rituel mécanique, transformant ainsi leur excitation et une grande concentration.
Avec des gestes précis et mesurés, Liligu prépara la solution tandis que Sisibai pesait et mesurait les fragments infimes de météorite. D’un signe discret, ils s’avertirent mutuellement qu’ils étaient prêts à continuer le protocole. Ce qu’ils firent à la lettre et dans une parfaite harmonie, sans échanger le moindre mot.
Pourtant, malgré leurs calculs, la réaction finale ne vint pas. Le potentiel était resté inerte. D’un geste rageur, Liligu donna un coup de pied contre la paillasse. Sisibai, plus tempérée, se détourna de la hotte d’isolement avec une grimace dégoutée avant de réconforter son mari.
— Les calculs sont bon pourtant.
— Et le protocole respecté.
— La nature n’est peut-être pas la bonne.
— Il ne reste qu’une seule chose à essayer.
Les deux lalafells se regardèrent gravement un instant avant de tourner leur attention sur la pierre.
— C’est quitte ou double.
— Il suffit de doubler.
— Trouvons cette source, alors.
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